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  • Cameroun : « Nous disons non et non au gouverneur de la province du littoral au Cameroun » Asbl CEBAPH- LIBERAL

    2dbf66cc5ab932e8a15e689a6eafb75d.jpgLe Cercle Belgo-Africain pour la Promotion Humaine ( CEBAPH), association de promotion des droits humains basée en Belgique et ayant des représentations en Afrique et plus particulièrement à Douala au Cameroun  a appris avec tristesse l’annonce sur les antennes de la Cameroon Radio Television, de l’interdiction des réunions et manifestations publiques dans toute la province du Littoral jusqu’à « nouvel ordre ».
     
    Le gouverneur Francis Faï Yengo entend ainsi refouler les mouvements de contestation qui prennent progressivement corps à Douala, depuis l'annonce par le chef de l'Etat, Paul Biya, de son intention de modifier l'article 6 alinéa 2 de la constitution portant sur limitation du mandat du président de la République.

    Cette option d'étouffer toute contestation populaire s'est déjà dessinée le samedi 12 décembre dernier lorsque le père des "villes mortes", Mboua Massock avait  été interpellé et entendu pendant des heures dans le bureau du sous-préfet  du 3ème arrondissement de Douala, Yampen Ousmanou. Il lui était reproché d'avoir organisé une marche sur la voie publique alors que celle- ci, selon la police, était interdite

    L’asbl CEBAPH- LIBERAL constate que les manifestations publiques font partie des libertés publiques  et dont  l’objet d’une consécration tant au plan international (Déclaration des Droits de l’Homme, Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples) qu’au plan national, où on la retrouve dans le texte de la Constitution autant que dans une loi du 19 décembre 1990.

    Autant le dire, le droit de manifester publiquement à titre individuel ou collectif est consacré et protégé par la Constitution et la loi en tant que droit fondamental du citoyen. 
     
    La loi n°90/055 du 19 décembre 1990, portant régime des réunions et manifestations publiques, présente absolument le mérite de la clarté. Elle prévoit que toutes les manifestations sur la voie publique, à l’exception des sorties conformes aux traditions et usages locaux ou religieux, sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable faite au chef de district ou à la sous-préfecture dans laquelle la manifestation doit se tenir 7 jours francs avant ladite manifestation.

    Face à la décision du gouverneur de la province du Littoral d’interdire les réunions et manifestations publiques dans toute la province du Littoral , l’asbl CEBAPH- Liberal estime que cette mesure  est une atteinte grave aux libertés publiques et aux droits de l’homme en général car, le Cameroun jusqu’ici ne connaît en ce moment aucune crise grave d’insécurité qui justifierait une telle décision

    L’asbl CEBAPH- LIBERAL demande au pouvoir en place de lever cette interdiction afin de faire prévaloir la raison du droit et des libertés publiques.
     
    Appelle les organisations de défense de droits de l’homme du Cameroun et d’Afrique centrale  à mener toute action susceptible de faire  libérer cette population  de Douala placée désormais en liberté surveillée.
     
    Fait à Douala le 16 janvier 2008
     
    Pour l’asbl CEBAPH-LIBERAL
    Le Président de l’asbl CEBAPH- LIBERAL Cameroun

     Maître Félix Nicaire Mbotchak

    http://cebaph.blogs.lalibre.be